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Coyote Records

Excès de POLITESSES

by FÉLIX DYOTTE

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1.
Une bouffée d'air salin M'a rappelé les larmes de nos vieux chagrins Tu perles sur mon visage Si je demeure immobile sur ce rivage Les peines en surdose Paralysent si bien Voilà pourquoi Je cours, je cours, je cours Vers d'autres lendemains Un peu moins lourds Qui m'appellent Je cours, je cours, je cours Ne me rattrape pas Une vague de chaleur Qui dans l'ennui parfois réchauffe nos cœurs La nostalgie est brûlante Elle peut vous avaler comme une déferlante Comme fane une rose Fanera mon chagrin Si toutefois Je cours, je cours, je cours Vers d'autres lendemains Un peu moins lourds Qui m'appellent Je cours, je cours, je cours Et ma peine d'amour Plus vite s'éloignera Je cours, je cours Vers d'autres lendemains Un peu moins lourds Qui m'appellent Je cours, je cours, je cours Ne me rattrape pas
2.
Tu obtiens toujours ce que tu veux, Léandre Des aveux tendres aux voyages à deux En Flandre zélandaise sans payer un sou Puis, rupture sans esclandre au mois d'août Avant de faner à l'automne Et de ne plus croire en l'amour De reprendre le téléphone Au lieu de se pendre Et dire: « Bonjour, que fais-tu ce soir? Ça serait bien de se revoir Et d'oublier l'autre fois où tes histoires M'avaient endormi au comptoir du bar » Tu obtiens toujours ce que tu veux, Laurence Un catamaran dans le sud de la France Sur lequel tu comptes tes bijoux Tu voudrais le monde dans tes bajoues Mais ce que tu veux te détruit Comme une vieille maladie Et à la station balnéaire On t'offre un Vesper Et tu n'espères que le lendemain Quand ton corps quittera le sien Tu monteras dans ton coupé MG Qui arpentera la Méditerranée Tu obtiens toujours ce que tu veux, Camille Tes grands mots jettent de la poudre aux yeux des filles Et des gars qui s'entichent de belles images Ils se croient dans Pauline à la plage Mais leur univers c'est Fanfan Et tu les hais tous en même temps Et ceux qui ont une tête à eux Voient clair dans ton jeu Tu hésites: Secte suicidaire Ou la station balnéaire D'une connaissance banale Qui t'avait dit: « Viens ici, je m'ennuie dans ce paradis »
3.
Que ce soit un vol d'hirondelles Qui t'ait donné cette idée-là De voir si fort battre leurs ailes Au-dessus de tous tes tracas Que l'issue soit accidentelle Tracée dans les lignes de nos doigts La conclusion est telle quelle Que ce soit toi, que ce soit moi Au clair-obscur d'une aquarelle Un chat m'a demandé pourquoi Nos soirées sombres à la chandelle Refroidissaient à chaque mois À quoi bon demander laquelle De toutes nos mauvaises fois A tout jeté à la poubelle Que ce soit toi, que ce soit moi Qu'au plus profond de ta prunelle J'aie fondé mes peurs et mes joies Et que sous la pluie torrentielle Tu n'aies pu penser qu'à mon toit Mais quand la danse passionnelle Ne coordonne plus ses pas La faute elle aussi bat de l'aile Que ce soit toi, que ce soit moi Que l'issue soit accidentelle Tracée dans les lignes de nos doigts La conclusion est telle quelle Que ce soit toi, que ce soit moi
4.
Si contre toi je raconte mille et une choses Et que je fais des pieds et des mains pour t'éviter Si sur le passé s'attarde une aura grandiose C'est peut-être que je ne t'oublierai jamais Qui sait? Pourtant, je m'épanouis Mon coeur humide et rose Flotte au gré du vent comme un avion d'origami Mais le paysage est fait d'une encre indélébile Et je crois avoir reconnu ton trait Oui, peut-être que je ne t'oublierai jamais Si par une croisée quelconque je te dévisage Et que par la bande tu reçoives mes messages Certains déterrant de vieilles histoires irrésolues D'autres t'envoyant un doux baiser Et au moment où le futur m'apparaît désert Où les ultimes efforts d'oublier portent fruit Tu éblouiras en moi comme un dernier éclair Et je saurai que rien au monde n'y fait Que peut-être que je ne t'oublierai jamais
5.
Est-ce que je vais devoir faire une croix? La menace s'impose à chaque fois Une lourde prière sur les bras Cette lourde prière ne s'en va pas Et toi Tu mets la dynamite Sur la vie que j'avais construite Le jour où ça détonnera Encore il faudra se résoudre à Faire une croix Une croix Oh! comme le doute vient emporter Le caractère naïf de la beauté Nos espérances sont ravageuses Et nous voguerons sur une mer houleuse Et toi Tu mets la dynamite Sur la vie que j'avais construite Le jour où ça détonnera Encore il faudra se résoudre à Faire une croix Une croix
6.
04:51
Jeanne ne s’émeut plus de mes chansons tristes Elle me dicte des thèmes Anti-lacrymogènes Jeanne m’intéresse à des idées païennes Des saluts au soleil Et l’esprit qui sommeille Rien ne sera plus pareil Jeanne ne s’émeut plus de mes chansons tristes Elle veut que je me démène Pour inventer des scènes De théâtre onirique Pendant qu’elle boit sa limonade J’écris, elle imagine Elle se prélasse dans la piscine Rien ne sera plus pareil À partir de maintenant Rien ne sera plus pareil Jeanne me raconte l’art apollinien et dyonisiaque Elle évite la tragédie Elle dit que j’en ai assez dit Elle me raconte son pays On y évolue avec les lacs Les rivières et les torrents Les mares et les étangs Elle dit qu’avec le temps Ils emporteront mes tourments Jeanne ne s’émeut plus de mes chansons tristes Elle me dicte des thèmes Nage avec les baleines Rien ne sera plus pareil À partir de maintenant Rien ne sera plus pareil J’entrevois monts et merveilles Rien ne sera plus pareil
7.
03:55
J'ai roulé À m'en briser les os À la croisée J'ai fait un stop Idaho Ta silhouette À la fenêtre en bois Ma bicyclette A ralenti sous les lilas J'ai fait un stop Idaho Il y a Près de toi, près de moi Tant d’émoi Qui s'endort si on ne le voit pas Moi j’ai fait un stop Idaho J’ai voulu sauver ma peau J'ai fait un stop Idaho
8.
01:47
9.
Reste, tu as froid Grimpe dans mes bras Dehors c’est invivable, je crois Dehors j’ai vu nos espoirs en anathème Cherche ton soleil Près de notre lit Cet hiver, à moitié endormis En cuillère, sans un bruit Sans un acouphène Lèvres contre lèvres Derme contre derme Et le vent se lève Sur nos chrysanthèmes L’amour, l’amour l’après-midi A percé le ciel tout gris Les journées sont bien courtes par ici Dans leurs bras, on s’y berce Sous un même thème Lèvres contre lèvres Derme contre derme Et le vent se lève Sur nos chrysanthèmes
10.
04:55
Novembre illumine la poussière Dans les chambres, tout est à l'envers La lune est une éponge Quelque chose me ronge Mais tu illumineras la nuit aussi Les oies blanches ont envahi le champ Elles repartiront rapidement Tout est de passage Même ton maquillage S’en est allé à la première pluie Et j'entends La ville qui me crie: « Attend, ne reviens pas maintenant » Oui, j’entends La ville qui me crie « Attend, ne reviens pas maintenant » On a aligné les heures abstraites Marché sans victoires et sans défaites Un mystère nous possède Dans la forêt tiède Qui nous avale dans le creux de son lit Et j'entends La ville qui me crie Attend, ne reviens pas maintenant Oui, j’entends La ville qui me crie Attend, attend encore un instant Ne reviens pas maintenant
11.
J'aimerais tellement que tu saches Tout ce qu'on ne te dira jamais Des fossiles emmurés dans la glace Cachent d'immenses secrets Pour ce que valent tes larmes J'ai marché longtemps dans ta nuit À travers des nuages d'alarmes Des détecteurs d'incendie Quand finit cette bataille? Tu trembles comme les bougies Qui allument de leur seule lumière Un long couloir infini Le vent dévale à vive allure Il sème des monarques sur les rochers Pour ce que valent tes larmes J'ai marché longtemps dans ta nuit À travers des nuages d'alarmes Des détecteurs d'incendie
12.
02:38
On se réveille pleins de promesses Et l'aube a migré depuis longtemps déjà Ce bel endroit que tu me pointes Je ne crois pas être passé par là Et volent au vent les anicroches Je me sens près de toi ma chérie Et vole au vent, petite cloche Ne t'éloigne pas trop loin d'ici Je collerai en ton absence Les feuilles fanées manquant à l'herbier Abandonné par d'autres danses L'amour est là à saboter nos plans Et volent au vent nos idées sottes Je me sens loin de toi ma chérie Et vole au vent, ferme ta porte Si tu t’en vas, moi je reste ici L'été s'achève, fragile et sombre J'ai dérogé, je dérogerai souvent Mais cette aubade que je me cherche Fourmillera par tes volets battants Qui volent au vent quand je chuchote Je me sens loin de toi ma chérie Et vole au vent, ouvre ta porte Et laisse-moi rester cette nuit
13.
03:54
Nostalgique du tendre T'as pas su attendre Avant de me faire la cour À la plage La convalescence Condamne d'avance La candeur des grandes vacances À de soudaines averses Dis-moi comment te dire Que j'ai l'âme aux faux pas Que je suis, force est de le dire Inadéquat La nuit est ouverte Au scandale, certes Mais elle n'aura jamais l'audace De nous suivre au bout de nos sanglots Et à l'aube, sur la grève Les épaves de nos rêves Se redresseront comme de vieux éclopés Une longue semaine Dis-moi comment te dire Qu'en voyant notre état Le soleil nous déclarera Inadéquats Dis-moi comment te dire Oui je suis, force est de le dire Inadéquat
14.
Les saules tabulaires Devant le temple salutaire qui nous regarde Entre les signes du paysage La grâce est si violente qu'elle nous écrase Et sur la passerelle Une vieille femme avance Elle s'incline et s'envole Et sous l'effet du charme La rivière de nos larmes Inonde Kyoto Je t'ai vu à la gare de Kyoto J'étais perdu, je suivais un oiseau Je t'ai vu à la gare de Kyoto Puis, je ne te voyais pas Tu avais pris le train Vers Osaka Le cimetière s'anime déjà De la lumière qui danse comme un esprit La mousse recouvre tout, même toi Elle me couvrira un jour aussi Un chat nous suit partout On l'écoute à genoux Sa fable est millénaire La forêt des roseaux Se referme sur moi Je n'entends plus ta voix Je t'ai vu à la gare de Kyoto J'étais perdu, je suivais un oiseau Je t'ai vu à la gare de Kyoto Puis, je ne te voyais pas Tu avais pris le train Vers Osaka
15.
Il y a Cette femme Une idée dans le printemps s’acharne Puis il y a un platane Sous la pluie Elle sait bien Que le chemin cache Une piste d'atterrissage Et mine de rien, elle prend le soin D’y lire un grand présage Elle attend le message D’un pigeon épuisé à la tâche Un garçon coquillage Lui sourit Il sait bien Que le chemin Cache une piste d'atterissage Que quelque part un angle mort Scindera le paysage Sur la piste qui attend Le garçon prend son élan Et s’envole comme un essaim de larmes Les beaux jours qui se fanent N’ont que faire des passions de passage Et dans l'ombre du Reichstag Elle lui dit: Je sais bien Que le chemin Cache une piste d’atterrissage Que volent devant moi le tarmac Et les objets de charme
16.
Rafraîchis ma mémoire Était-ce lui qu'on appelait ainsi Était-ce toi? Était-ce lui qu'on appelait ainsi Était-ce toi? Était-ce elle? Était-ce moi? Rappelle-moi l'histoire Comment nous étions-nous connus? Dans quelles circonstances? Quels étaient les enjeux, le but La distance parcourue? Je ne sais plus très bien Qui était assis dans ce train? Qui était l'assassin? Je me souviens d'une statue D'une éclipse D'un ravin D'une corneille D'une filature D'une bouteille Et d'un calepin Rafraîchis ma mémoire Étais-je bien le centre névralgique De cette histoire? Autour de moi ces visages flous Qui semblaient m'en vouloir Était-ce toi? Était-ce lui? Était-ce elle? Était-ce moi?
17.
Je ne vois plus rien Je ne vois plus ce qui m'habite Je ne vois plus rien Je ne vois rien d'autre que toi La lumière est vague Tout est à l'envers L'ennui me sidère Et la nuit meurt à se refaire Lorsque tu rentres chez toi Rentres chez toi La nuit meurt à se refaire Lorsque tu rentres chez toi Rentres chez toi Je ne vois plus rien Je ne vois plus rien que la bête Je ne vois plus rien Tout s'est embrouillé dans ma tête Comme le tonnerre Tout est à l'envers L'ennui me sidère Et la nuit meurt à se refaire Lorsque tu rentres chez toi Rentres chez toi La nuit meurt à se refaire Lorsque tu rentres chez toi Rentres chez toi
18.
Les saules tabulaires Devant le temple salutaire qui nous regarde Entre les signes du paysage La grâce est si violente qu'elle nous écrase Et sur la passerelle Une vieille femme avance Elle s'incline et s'envole Et sous l'effet du charme La rivière de nos larmes Inonde Kyoto Je t'ai vu à la gare de Kyoto J'étais perdu, je suivais un oiseau Je t'ai vu à la gare de Kyoto Puis, je ne te voyais pas Tu avais pris le train Vers Osaka Le cimetière s'anime déjà De la lumière qui danse comme un esprit La mousse recouvre tout, même toi Elle me couvrira un jour aussi Un chat nous suit partout On l'écoute à genoux Sa fable est millénaire La forêt des roseaux Se referme sur moi Je n'entends plus ta voix Je t'ai vu à la gare de Kyoto J'étais perdu, je suivais un oiseau Je t'ai vu à la gare de Kyoto Puis, je ne te voyais pas Tu avais pris le train Vers Osaka

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released October 12, 2018

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FÉLIX DYOTTE Montreal, Québec

Avec son premier album homonyme paru en mai 2015, Félix Dyotte a su honorer avec noblesse la tradition française dans ses expressions les plus jubilatoires en leur juxtaposant une modernité arrogante et poétique empruntée à la brit-pop. Son deuxième album «Politesses» nous reprend là où ou le précédent nous avait laissé; sur le lit défait de deux époques, entre musiques électroniques et chanson. ... more

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